Le pouvoir des esthéticiennes

On est vendredi, il fait beau, selon météo média, la température est de 10 degré celcius, sous un ciel voilé avec aucune trace de vents et l’humidité de 58% n’est pas suffisante pour friser les cheveux si bien étirés le matin.

J’aime beaucoup mon cours de math le vendredi matin. Premièrement, il est à 8 heure et est mon seul cours de la journée. Deuxièmement, ça m’oblige à me lever et à commencer ma journée. Troisièmement, la ville donne l’impression de dormir encore à 10h30, lorsque je reviens au centre-ville.

Alors, je sors de l’autobus, heureuse de vivre. Je marche derrière une femme asiatique qui porte un parfum qui m’est inconnue, mais donc l’odeur me rappel le ménage du printemps chez ma mère, la lavande et l’humidité des matins très chauds d’été à Trois-Pistoles. Je stoppe ma marche (en fait, je faisais un mixte entre la marche rapide, le gambadage et la marche aveugle, c’est-à dire que je marchais vite en gambadant un pas sur 4 en regardant partout autour de moi sauf devant moi) pour attendre afin de traverser la rue de la Couronne. Un  »pick up » de la ville de Québec passe devant moi et le conducteur se sort littéralement jusqu’au tronc par le fenêtre pour crier quelque chose qui ressemblait à cela: nanana nan nana (mots perdus dans le bruit) manteau nananana (fin de phrase perdu dans le bruit). Je me retourne vers la femme à côté de moi, on se regarde toutes les deux en haussant les épaules: ben oui, c’Est con, enh? On a même pas compris ce qu’il voulait dire. haha. S’il a pas le courage de venir le dire de pied ferme, il devrait juste pas parler. Les haussements d’épaules englobent un tas de sens et le mien cherchait l’appuie et la solidarité féminine de la femme à ma droite.

Je finis donc par traverser la rue. J’entre dans la pharmacie et cherche le fond de teint que j’achète à l’habitude. Prends un mascara, regarde le vernis à ongles rose de Revlon (Non Féli, tu en as déjà au moins 15 bouteilles, lâche ça.), repose le vernis à ongle sur la tablette et cherche un démaquillant. Bien entendue, je erres sans but dans les quatre rangés à la recherche de petites lingettes démaquillantes qui prennent 2 secondes à sortir, 5 à utiliser et 1 à jeter à la poubelle. (Hé non, je sais, c’est pas du tout écologique)

Voyant que je ne semble pas trouver ce que je chercher, l’esthéticienne me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui dis que je veux un démaquillant, un genre de savon, un peu comme le Dove que je prends d’habitude pour me démaquiller prestement dans la douche. L’esthéticienne me dit que ce n’est vraiment pas bon de se démaquiller avec du Dove, que ça assèche la peau et que d’ailleurs, elle peut voir quelque imperfection dans le haut de mes joues.

WWHHHAAAATTT!!??

Aussitôt, la partie de l’extrême gauche fifille, poupoune ou superficiel de mon centre de politique cervical se met en mode alerte. J’étais alors toute ouïe à la gentille dame devant moi, prête à sacrifier une partie de mon budget pour remédier à se problème, lui jurer de ne plus me démaquiller avec du savon Dove, d’être sage, gentille, bonne pour les autres, tout ce qu’elle voulait entendre.

Je buvais ses conseils en hochant la tête presque frénétiquement lorsqu’elle faisait une pause entre ses phrases, lui signifiant que j’étais tout à fait d’accord avec elle, avec tout ce qu’elle me disait.

Puis, en retournant chez moi, soulagé d’avoir échappé à un futur assèchement horrible de la peau, je me suis dit que les esthéticienne, cosméticienne et autres  »magicienne de la beauté » avaient vraiment beaucoup de pouvoir sur nous, humains normaux.

Avouez le, n’importe qui frémisserait à l’idée de devenir laid ou déformé par une maladie ou infection de la peau. Même si cette personne se dit complètement dégouté de ses instituts de beauté, par le maquillage, l’électrolyse ou autre forme de manifestation d’esthétisme. Parce que, notre visage est LA première chose que les autres remarquent de nous et aussi parce que c’est la première chose que nous-mêmes voyons de nous.

Moral de cette histoire, pas d’esthéticienne en politique.

PS: Je tiens à dire que l’esthéticienne de la pharmacie était fantastique et que ce texte n’est pas un texte pour lui tenir rigueur. Aussi, la dernière phrase pouvant être sujette à de nombreux commentaires moralisateurs, je précise qu’il s’agit d’humour.

Publicités

L’homme dans l’autobus

Nous sommes mardi, la température frole les 20 degrés et je sors d’un cours de mathématiques avec un mal de tête. Le céegep de Sainte-Foy en plus de dispenser des cours dans plusieurs programmes, offre aussi un centre de formation à langue française pour les nouveaux arrivants au Québec. À 3h, c’est l’heure où ils finissent tous leurs cours en même temps et vont prendre l’autobus. Ils sont une cinquantaine à prendre la 7 en direction du vieux québec pour faire un transfert avec la 802 vers Beauport. Comme j’habiteen basse ville du vieux québec, je me retrouve à prendre l’autobus avec eux. C’est drôle à dire et cela n’a rien de raciste, mais chaque culture à son odeur et cette après-midi, l’odeur très épicée, mélangé à une eau de cologne à l’odeur trop forte, de l’homme assis à côté de moi me rendait vraiment la vie insupportable.

Mais cela n’est pas le sujet que je voulais réellement aborder. J’ai un peu divergé.

Alors que nous sommes à la place D’ Youville, un homme grand, assez mince, avec les cheveux longs et noirs, une petite barbe noire avec des poils blancs, des jeans noirs près du corps, des bottes noires luisantes, une ceinture à studs également noire, un gilet noir avec un nom de groupe écrit en caractère très stylisé et illisible au dessus d’un démon rouge avec une corne verte, un manteau de cuir noir et des écouteurs  »head phone ».

Bref…ha oui… j’oubliais ses lunettes de soleil noires.

L’homme entre dans l’autobus et s’asseoit au fond complètement, il se retrouve face à moi. Premier réflexe que j’ai lorsque quelqu’un entre dans l’autobus: le fixer. Deuxièment réflexe:  être mal à laise du fait qu’il se  soit aperçu que je le fixais et  regader à terre pour éviter son regard.

L’homme enlève ses écouteurs (je ne le fixais plus, mais je regardais dans sa direction, donc je voyais ce qu’il faisait) et les tourne vers l’extérieur. Puis, il augmente le volume de son mp3 assez pour que tout le monde puisse  »bénéficier » de sa musique, choisit une chanson et le plus naturellement du monde, se croise les jambes.

Il y a des comportements comme ça que je n’arrive pas à comprendre. Parce que soit petit a, il croit sincèrement qu’on puisse vouloir écouter sa musique, petit b, il veut absolument écouter sa musique à cette force et se fou qu’on ne puisse pas supporter le black métal de lutin (dans ce cas, c’est très narcissique de sa part) ou soit petit c, c’est un moyen pour lui d’augmenter son estime de lui-même en montrant qu’il écoute de la grosse musique.

Dans tous les cas, la compréhension de l’acte m’échappe.


The best thing

Dans une heure et 8 minutes il ne restera que 28 jours avant que je quitte la capitale.

On dirait que je n’arrive plus à écrire, depuis que je suis en amour. Comme si je me nourrissais de ce qui me hantaient et me fâchaient pour écrire.

Maintenant, même ces trois lignes sont moches et je dois vous dire que j’en ai probablement écris 50 autres avant que j’ai supprimé.


Maman

Des fois, j’ai l’impression que tu aurais le droit de me détester.

Souvent, j’ai honte de ce que j’ai fais, juste parce que ça t’as fait de la peine.

Je m’excuse.

J’voulais pas être une mauvaise fille.

Et  je ferais tout pour que tu sois fière de moi.

Je m’excuse pour la drogue. Je m’excuse pour les mensonges. Je m’excuse pour les mauvaises notes.

Et je ne me rappelle même plus à quoi elle ressemble la lueur de fierté que tu as dans les yeux.

Et je m’excuse parce que je crois qu’à quelque part tu aurais mérité une fille plus sage et plus attentionné que moi.

Mais égoïstement je n’aurais pas voulu te partager avec une autre, parce que même si je t’ai blessé très souvent, même si je n’ai pas toujours fait attention à toi, à mes yeux tu es la meilleure mère qu’on peut avoir.

Et c’est drôle, parce que même si je ne suis plus petite, je parle encore de toi en disant que tu es la meilleure et que j’ai peur que tu meurs .

Je m’excuse.


Pensées courtes et concises

– Je me suis demandé si le fait d’adorer les vêtements et la mode n’allait pas en contradiction avec la pensée rationnelle de la philosophie.

– Socrate m’a répondu que oui, qu’on a pas besoin d’être beau et bien habiller pour philosopher.

-Nietzsche m’a soufflé à l’oreille de me rappeller que Socrate agissait par ressentiment et que s’il me disait ça c’est parce qu’il était laid, qu’il n’avait pas de beaux chitons (vêtements traditionels grecques) et que de toute façon, il n’avait pas d’argent pour s’en acheter.

-Pas faux Nietzsche.


L’impuissance, ce n’est pas seulement sexuel!

La mort, la maladie, le destin, la chance ou la fortune, les séparations, les catastrophes naturelles, la dépression ou se cogner le petit orteil sur le coin du divan, la vieillesse, le suicide, les humeurs ou les états d’âme des autres, attraper le rume en pleine nuit hypocritement ou encore se couper sur une feuille.

Se sont toutes des choses face auxquelles  je me sens impuissante. Et je n’aime pas me sentir impuissante, comme la grande majorité des gens d’ailleurs, je le suppose.

Étant une personne très forte de caractère et insécure, j’aime bien contrôler ce qui se passe autour de moi pour être certaine de ne pas être prise au dépourvu.  »Mieux vaut prévenir que guérrir. » C’est probablement un des dictons qui me décris le mieux.

Ces temps-ci, j’ai l’impression que je me retrouve devant plusieurs situations où je ne peux rien faire pour changer les choses. Mes proches sont tristes, je ne sais pas quoi faire. J’ai bien essayé, croyez-moi, mais mes blagues plates ne remontent pas le moral de tout le monde.

La première attitude que j’aurais serait de fuir le problème, l’ignorer tout simplement. Croyez moi encore une fois, j’y arrive très bien si cela est nécessaire. D’ailleurs, quand mon grand-père paternel est mort, c’est l’attitude que j’ai adoptée. Six ans plus tard, je fais toujours le saut lorsque je vais chez ma grand-mère, car à chaque fois, je me rappel qu’il est mort dans la maison, mais pas dans ma tête. Dans ma tête, mon grand-père est toujours vivant et m’imaginer le contraire me semble impossible. Pour moi, c’est une attitude qui fonctionne, mais je ne peux pas vraiment  »l’enseigner » aux autres. Car malgré tout, je sais que se comporter ainsi, n’est pas très bon pour la santé psychologique.

Alors, j’écoute. J’écoute les autres me raconter leurs petites peine, leurs grandes tristesses, leurs histoires de fesses, leurs joies, déceptions, malheurs, histoires drôles…

Je veux juste écouter et tenter de trouver l’endroit où il y a un accro. Parce qu’un accro ça se recoud très bien et que les déchirure sont plus longues et plus ardues à recoudre.

Mais ça c’est pour les petites choses plus simples de la vie. Ce que je déteste, c’est ce que je ne peux pas contrôler. Je ne peux pas pousser le divan avant que tu te cogne l’orteil, je ne peux pas empêcher quelqu’un de se blesser ou de tomber malade et je ne peux pas empêcher la mort.

Et pourtant, je le voudrais tellement.

Je voudrais tellement empêcher les gens autour de moi de souffrir. Et ça me frustre toujours autant qu’il soit mort pour elle et pour ma soeur et ça me frustre et ça me déchire de le voir triste devant cet accident et ça me faire encore pleurer seule quand je réalise que mon grand-père est mort. Et je vois mes parents vieillir et ça me consumme de l’intérieur de voir que si je veux vivre ma vie, je ne peux pas la passer à la maison familiale pour les sauver de la vie.

Parce que oui, c’est aussi bête que ça la vie, c’est agréable, mais innocemment, c’est dangereux.

Et moi ce qui me rend triste, c’est que la vie de chaque humain à un destin, une fortune et des facteurs extérieurs que je ne peux pas contrôler pour les empêcher de souffrir.

Et ça me rend vraiment triste de voir que le bonheur des autres ne peut pas dépendre uniquement de moi et c’est malheureux parce que les gens qui m’entourent peuvent être certain de cette certitude, je les aime à la folie, profondément et sincèrement.


Dialogue de mes émotions

-Comment tu te sens aujourd’hui?

– Je ne me sens pas bien. J’ai mal à la tête, j’ai mal au coeur.

-Qu’est ce qu’il y a? Tu es fatiguée?

-Oui, je suis fatiguée. Je suis fatiguée qu’il me manque à pratiquement tous les jours. Fatiguée de mal dormir quand il n’est pas avec moi. Je suis fatiguée de ne pas pouvoir vivre avec lui.

-C’est comme si toute ta vie dépendait de la sienne, comme si un cordon invisible te reliait à lui et que plus vous êtes loin, plus le cordon est tendu, tordu, et écrasé.

-C’est comme ça oui. Et c’est aussi comme si ce cordon générait mes émotions. Moins il est tendu, mieux je me sens. Et je n’arrive plus à supporter les autres autour de moi, je n’arrive plus à me supporter moi-même.

-Même si tu sais que bientôt tu n’auras plus ce problème? Ça ne t’aide pas à te sentir mieux?

-Oui et non. J’ai peur que mon bout du cordon soit si plein de mes émotions qu’il casse et qu’il n’est pas envie de le recoller, car ce cordon, c’est un peu comme un cordon obélicale, ce que je ressent, il le ressent aussi. Je me dis qu’il doit trouver ça difficile d’avoir quelqu’un qui lui envoit des sanglots.

-Mais tu sais, tu es en amour, tu as trouvé l’Amour dont on s’inspire pour des films, des romans et des chansons. C’est normal qu’il ne soit pas facile à vivre aussi loin, sinon il ne vaudrait pas la peine qu’on en parle.

-Oui je sais, mais j’aimerais bien profiter un peu plus de cet amour magnifique.

-Qu’est ce qu’il y a? Pourquoi tu pleurs?

-Parce que j’ai mal à la tête et au coeur. J’ai mal à la tête à force de penser à lui à toutes les secondes de ma vie, j’ai mal au coeur, parce qu’il ne s’et pas encore habituer à ressentir autant d’émotions.

-Tu n’es pas dans un bel état, si triste. Que songe tu faire?

-Continuer de l’aimer toute ma vie.